S  T  O  L  E  N    -    H  E  A  R  T  B  E  A  T●    ●                        « J'ignore encore si la vie est plus forte que la mort. Mais l'amour est plus fort que les deux. »            [ Tristan & Yseult ]                                   

                                                                                                                                 Stolen HeartBeat    



     « En premiers lieux, vous aurez peut être l'impression de lire la déchéance d'un c½ur brisé, se débattant contre un amour ancré si profondément en elle qu'elle ne peut s'y soustraire. En réalité, il ne s'agit de rien d'autre que d'une banale histoire, comme l'on en voit partout.
Une histoire de mort, d'Amour. De désillusions, de rêves et d'espoirs.
     De la passion à la destruction, ils vivront leurs derniers instants dans l'ivresse d'un amour si intense qu'il les conduira tout deux à leur perte. »




___--__Christina Ricci as Sarah Westeland.
___--__James Franco as Calvin Wilde.
___--__Avec Michelle Williams , Ashton Kutcher , Chris Evans...









J'ai voulu parler d'amour, de la seule façon dont je suis capable de le faire vraiment : Tragiquement.
N'hésitez pas à me donner votre avis, bon ou mauvais.
En espérant que cette histoire vous plaise.
Bonne lecture.
Louka.


# Posté le mardi 21 avril 2009 07:52

Modifié le mardi 26 mai 2009 09:32

S  T  O  L  E  N    -    H  E  A  R  T  B  E  A  T●    ●                        « Dis Amour, qu'est-il advenu du temps où tu embrassais mes joues détrempées, où tu essuyais chacune de mes larmes de tes baisers ? »            ◊ PRELUDE                                  

S  T  O  L  E  N    -    H  E  A  R  T  B  E  A  T●  ●  ●                                    « Dis Amour, qu'est-il advenu du temps où tu embrassais mes joues détrempées,  où tu essuyais chacune de mes larmes de tes baisers ? »              ◊  PRELUDE                                  




      « L'esprit vide et le c½ur chamboulé, une petite brune se laissa tomber sur un banc, dans l'une des rues les plus fréquentée de Seattle. Le regard rougi par le manque de sommeil et obscurci par des larmes qui menaçaient de lui échapper, elle leva la tête, ravalant ses peines pour un temps.

      Sous ses yeux, les nuages défilent un à un, tous plus gris et plus menaçants les uns que les autres, laissant présager un orage imminent. L'après midi touchait à sa fin, et l'air était étouffant, au point que respirer en devenait presque inconfortable, pour tout les habitants de Seattle, habitués au froid et à la pluie.

      Sur son banc, la jolie brune fixait sans le voir un point devant elle, les yeux embués par des larmes qu'elle ne parvenait à contenir. Elle se savait bien incapable de les retenir, ces foutues larmes, pourtant elle essayait malgrès tout.

      Tous les jours depuis presque un an, elle venait pleurer sur ce banc. Parce qu'autour d'elle, personne ne savait, personne ne comprenait. Personne n'a jamais comprit d'ailleurs, ce qu'il lui été arrivé. Certains parlaient d'un deuil, d'autres d'une dépression. En fait, la jeune femme était bel et bien en deuil : Elle portait le deuil de son bonheur.

      Pourtant, à l'époque, elle ne savait pas qu'elle avait grandi sans connaitre le bonheur. Tout simplement parce qu'elle ne savait pas vraiment ce que c'était, en fin de compte, le bonheur. Alors elle a vécu. Pendant vingt-trois ans, elle a vécu. Sans être réellement heureuse, mais sans être malheureuse pour autant. Elle a vécu, tout simplement.
Et un jour, elle a découvert ce qu'était le bonheur véritable. Et lorsque le bonheur à déserté sa vie à nouveau, elle a pleuré. Et elle le pleure toujours, ce maudit bonheur disparut.

      Son bonheur avait un nom : Calvin.
Il était le genre d'homme que l'on remarque immédiatement, de ceux dont le charisme suffisait à écraser tout les autres. Elle l'avait rencontré dans un café, par une banale matinée de Septembre. Et ce jour là, lorsqu'elle croisa son regard pour la première fois, elle comprit que sa vie venait de changer.

      Soudainement noyée sous une passion dévorante telle que son c½ur lui semblait sur le point de rompre à chaque souffle, elle se sentait vivante, elle se sentait heureuse. Belle et invincible dans ses bras, elle n'avait besoin de rien d'autre que lui.

      Ils s'étaient aimés, d'un amour étrange et passionnel, violent et charnel. Puis, il a disparut, tel un mirage, emportant avec lui tout ce qui faisait de sa belle celle qu'elle était, pour ne plus laisser qu'une épave, rongée par la peine et la douleur. Sans une explication, sans un signe, il était partit. Et le bonheur de la jolie brune fut englouti par le vide laissé par la disparition de son bien aimé. Ne lui reste à présent que des larmes, et des souvenirs d'un bonheur déchu.

      Au dessus de sa tête, l'orage gronda, et le ciel de déchira soudain, laissant échapper ses premières larmes d'agonie sur celle qui en avait déjà tant versé qu'elle en avait perdu le compte. Soupirant, la belle leva les yeux au ciel, laissant la pluie se mêler aux larmes qu'elle ne parvenait à contenir.

      Seule sous une pluie d'été, une jeune femme pleurait.
      Elle s'appelait Sarah. »





Etre prévenue.                                                                                                                         
[ Beaucoup de mal avec ce prologue, qui ne ressemble pas vraiment à ce que je voulais qu'il soit.
Il sera sans doute provisoire, je le changerai lorsque je serai parvenu à quelque chose de meilleur.
]
J'attends vos avis :-)                                                                                                          
Louka.                                                                                                                                                  

# Posté le jeudi 23 avril 2009 16:15

Modifié le lundi 25 mai 2009 10:14

S  T  O  L  E  N    -    H  E  A  R  T  B  E  A  T●    ●                        « Le ciel pleure et explose sous mes yeux. Et quelque part, je sais que tu es là, à sourire sous cet orage, à sourire à ce ciel qui se déchaîne. Regardes Amour, le ciel aussi se meurtri pour ta belle gueule. »            ◊ CHAPITRE # 01                                  

S  T  O  L  E  N    -    H  E  A  R  T  B  E  A  T●  ●  ●                                    « Le ciel pleure et explose sous mes yeux. Et quelque part, je sais que tu es là, à sourire sous cet orage, à sourire à ce ciel qui se déchaîne.  Regardes Amour, le ciel aussi se meurtri pour ta belle gueule. »              ◊  CHAPITRE # 01                                  




      « – Bordel Sarah, tu vas choper une pneumonie ! Allez viens, on rentre.


      Toujours assise sur son banc, sous une pluie battante, Sarah releva la tête vers la petite blonde en face d'elle. Emmitouflée dans un gros manteau sombre, elle agrippait fermement son parapluie, tout en jetant par moment des regards haineux au ciel.


      – Sarah, s'il te plait, hurla la belle blonde, tandis ce que son parapluie manquait une fois de plus de s'envoler, emporté par le vent.


      Au dessus d'elles, le ciel explosa à nouveau, et la blonde sursauta brusquement. En réalité, Charlère Jackson était effrayée par l'orage. Pourtant, elle était sortit de chez elle soir là, elle avait osé mettre le nez dehors, tout ça pour elle : Sarah.

      Sarah et Charlère se connaissaient depuis toujours et avaient toujours tout partagé. Pourtant, depuis plusieurs mois, Charlère sentait que sa meilleure amie lui glissait entre les doigts. Elle la voyait s'éloigner, chaque jour un peu plus. Et le pire, dans tout ça, c'est que Charlène se sentait coupable, infiniment coupable. Coupable de ne pas avoir été capable de découvrir ce qui tourmentait son amie. Coupable de ne pas savoir la retenir, de ne pas pouvoir l'empêcher de sombrer.
Car elle le savait : Sarah sombrait.

      Un nouveau coup de tonnerre retenti, et Charlie étouffa un cri. Suppliant son amie du regard, elle la vit lever les yeux au ciel une dernière fois, avant de se lever.
Glissant sa main dans celle de Charlène, Sarah se leva et suivit sa meilleure amie, sans rien dire.

      Les yeux gonflés et le c½ur atrophié, elle se laissa guider parmis la foule, sans opposer la moindre résistance. En fait, la belle n'avait plus la force de dire le moindre mot. Elle aurait voulu rester là, assise sur son foutu banc, à pleurer toutes les larmes de son corps jusqu'à ce que mort s'en suive, mais elle avait suivi son amie malgrès tout, trop faible pour lui résister.
Trop faible, comme toujours.

      Peut être était-ce pour sa faiblesse, qu'il l'avait quitté, après tout. Peut être n'a-t-elle pas été assez forte pour le retenir, pour mériter un homme tel que lui. Elle avait été trop faible pour le garder, et voilà qu'aujourd'hui, elle était trop faible pour lui survivre.

      Sa vie était si simple pourtant, avant lui. Vivre était facile, et l'avait toujours été. Elle avait grandi dans une famille unie et sans histoire, couvée et surprotégée par ses parents qui l'adoraient. Infirmière, elle avait toujours su ce qu'elle voulait faire de sa vie et y était parvenue sans rencontrer de problèmes. La vie était facile, et elle l'aimait, sa vie.

      Elle aimait sa meilleure amie, qu'elle connaissait mieux que personne. Elle aimait son petit ami, avec qui elle était depuis plus de huit ans. Elle aimait son travail, ses collègues, ses amis. Elle aimait la vie, et croyait dur comme fer que tout était pour le mieux. Puis, il était arrivé.

      Elle ne s'attendait pas à ça, toutefois. Non, elle ne s'attendait pas à tomber amoureuse. Peut être parce qu'elle pensait l'être déjà. Peut être parce qu'elle se croyait incapable de remarquer un autre homme que le sien : Nate. En fait, elle n'y connaissait rien, à l'époque, sur ce qu'était l'Amour.

      Il était là, assit au bar, dans ce petit café habituellement désert, dans lequel Sarah adorait flâner. Elle s'était assise tout près de lui, sans même le remarquer. Puis elle avait balayé la pièce du regard, et avait croisé le sien.
Ils s'étaient alors contemplés, en silence, chacun subjugué par la profondeur du regard de l'autre, pendant ce qui semblait être d'interminables secondes. Puis avaient commencé à parler. De tout, de rien, comme s'ils se connaissaient depuis toujours.
Et au bout du compte, elle était tombée amoureuse de lui, sans même s'en apercevoir vraiment.

      Elle l'avait revu, dès le lendemain, et tous les jours suivants, se laissant submerger par la vague de violente passion qu'il éveillait en elle. Elle le connaissait par c½ur, pour avoir arpenté son corps tant de fois déjà qu'elle en garde encore aujourd'hui le gout sur le bout des lèvres. Ils s'étaient aimés, passionnément, dans cette petite chambre d'hôtel. Jusqu'à ce qu'il disparaisse. Et lorsqu'il disparut, Sarah comprit qu'elle ne savait rien de la vie, qu'elle ne savait rien non plus de lui.

      Elle ne savait rien, ne connaissait rien de sa vie. Ni son nom, ni son métier, ni même son adresse. Ni tout ces petits détails que ce content les couples heureux, comme le nombre de sucres qu'il mettait dans son café, ou son plat préféré. Elle ne savait rien. Rien d'autre que le goût de sa peau, la chaleur de son souffle, la douceur de ses lèvres.

      Alors elle se raccrocha à ces quelques détails volés, comme la ride qui naissait sur son front quant un homme venait à la regarder avec trop d'ardeur ; les doux mots d'amour qu'il lui soufflait à l'oreille le soir, lorsqu'il la croyait endormie ; les tendres baisers qu'il déposait sur son épaule chaque matin pour la réveiller ; les regards langoureux qu'il lui lançait parfois ou encore les frissons de plaisir qu'il lui arrachait, lorsque ses mains parcouraient son corps...

      A ressasser sans cesse ces souvenirs, il lui semblait que son odeur flottait dans l'air, qu'elle distinguait son ombre dans la foule, et que parfois, les nuages eux mêmes dessinaient son visage. Alors, elle en venait à croire qu'elle l'avait inventé, qu'elle avait tout imaginé de lui, comme pour combler le vide de sa vie. Qu'il n'était qu'un rêve, une illusion imposée à son esprit pour la faire devenir folle.
Puis, elle se rappelait son c½ur agonisant et son corps crevé d'amour, et comprenait qu'elle ne l'avait pas rêvé. Qu'il avait existé, et qu'il l'avait brisé, en la quittant sans un mot.

      Pénétrant dans le petit appartement surchauffé de son amie, Sarah se laissa tomber sur une chaise, tremblante de froid et trempée jusqu'aux os. La jolie blonde posa son manteau et son parapluie avant de se poster devant Sarah, les mains sur les hanches.


      – Alors ?
      – Alors quoi ?
répondit Sarah, troublée par le ton cinglant de son amie.
      – Alors, à quoi tu joues, au juste ?
      – A quoi es ce que...
      – Qu'es ce que tu fous, bordel ?!
hurla Charlère, les yeux soudainement embués de larmes. Tu ne peux pas continuer comme ça, à te détruire ! Tu ne peux pas continuer à m'exclure de ta vie. Tu as toujours été là pour moi, et maintenant que toi, tu ne vas pas bien, moi, je ne sers à rien ! Laisses moi t'aider ! Dis-moi ce...
      – Je suis amoureuse.
Murmura Sarah, coupa momentanément les hurlements de son amie.
      – Tu...
      – Je suis amoureuse, Charlie.



      Les mots restèrent en suspend dans l'air un instant, comme s'ils ne parvenaient à se défaire de celle qui les avaient lâchés.
Charlène fronça les sourcils, attendant la suite : En vain.


      – Pourquoi ? Pourquoi pleurer, dans ce cas là ? Je ne comprends pas...


      Non, Charlère ne comprenait pas. Même sa meilleure et seule vraie amie ignorait tout de Calvin. Elle ne savait rien de leur rencontre, de leur histoire, et ignorait jusqu'à son nom. Tout simplement parce que Sarah n'a jamais trouvé le courage, ni même la force, d'en parler à son amie.

      Elle aurait pu lui dire bien avant, pourtant, qu'elle était amoureuse.
Oui, elle était amoureuse. Et c'était cet amour qui la rongeait chaque jour un peu plus, qui esquintait son c½ur déjà meurtri, qui la hantait à chaque instant. Elle était amoureuse, et au plus profond d'elle, elle savait que cet amour la conduirait à sa perte. Qu'elle mourrait, à cause et pour lui.


      – Calvin, susurra-t-elle entre ses dents. Il s'appelle Calvin.


      Elle inspira profondément, et relevant le menton, se prépara. Elle se prépara à partager ses souvenirs si précieux, qu'elle protégeait jalousement. Elle s'apprêtait à parler de son amour disparut à tout jamais, à la seule autre personne qui comptait vraiment à ses yeux.

      Ce qu'elle ne savait pas encore, c'était qu'il reviendrait très bientôt. Parce que loin d'elle, Calvin non plus, ne parvint pas à vivre.
Ce qu'elle ne savait pas, c'est qu'elle mourra malgré tout, qu'il revienne ou non, pour la même raison : Pour lui. »





Etre prévenue.                                                                                                                          
Michelle Williams as Charlère Jackson                                                         

[ Je suis instable, je crois m'être perdue.                                                                                  
J'ai l'impression que ces mots ne sont pas les miens... Qu'ils ne m'appartiennent pas.
]                    
Louka                                                                                                                                                  

# Posté le vendredi 24 avril 2009 11:33

Modifié le mardi 26 mai 2009 10:11

S  T  O  L  E  N    -    H  E  A  R  T  B  E  A  T●    ●                        « Il fut un temps où il n'y avait que Nous. Nous deux contre le reste du monde. Aujourd'hui, il n'y a plus rien d'autre que moi, et l'ombre d'un toi qui me hante et me tue.   Qu'as tu fais Amour ? Qu'as tu fait de moi, bon sang ? »            ◊ CHAPITRE # 02                                  

S  T  O  L  E  N    -    H  E  A  R  T  B  E  A  T●  ●  ●                                    « Il fut un temps où il n'y avait que Nous. Nous deux contre le reste du monde. Aujourd'hui, il n'y a plus rien d'autre que moi, et l'ombre d'un toi qui me hante et me tue.     Qu'as tu fais Amour ? Qu'as tu fait de moi, bon sang ? »              ◊  CHAPITRE # 02                                  




      « – Ton Calvin, c'est un beau salaud, voilà !


      Le regard perdu dans le vide, Sarah n'écoutait même plus sa meilleure amie qui s'égosillait à en perdre la raison depuis plus d'une heure déjà. Désemparée, elle s'agitait véhément, cherchant en vain à étouffer ce foutue sentiment d'être simple spectatrice de l'autodestruction de son amie.

      Parce qu'elle ne savait pas quoi faire, quoi dire. Et qu'importe le nombre de fois où elle dira combien Calvin était un salaud à ses yeux, rien ne changera. Parce qu'elle ne pouvait rien faire d'autre que regarder son amie chuter, se détruire pour un homme qu'elle avait aimé, et qui l'avait quitté sans rien dire. Elle se savait, pourtant capable de luter contre bien des choses, mais elle ne pouvait rien contre le souvenir d'un homme qui hantait Sarah et l'anéantissait chaque jour un peu plus.

      Pourtant, cette histoire ne ressemblait pas à Sarah, non, vraiment pas. Pas sa Sarah. Elle qui était si calme, si réfléchi, dans chaque aspect de sa vie et ce depuis toujours. Elle n'avait jamais agit sous le contrôle d'une quelconque impulsion, n'avait jamais dévié de la parfaite constance qui semblait rythmer sa vie. Alors pourquoi ? Pourquoi était-elle tombée amoureuse de lui ? Pourquoi aussi brusquement, aussi brutalement ?

      Sarah était pourtant destinée à l'aimer. Et la belle blonde ne le comprendra jamais vraiment. Elle ne comprendra jamais l'ampleur de tout cet amour. Elle ne comprendra jamais que dans les bras de Clavin, Sarah était belle, vraiment. Libre et vaporeuse. Peut être un peu stupide sur les bords aussi, la tête pleine de convictions et de certitudes, prête à croire que son bonheur était éternel. A croire à tout, à rien, à des foutaises éphémères, au nom d'une passion ardente et dévorante.

      Elle croyait. Elle croyait en la vie. En lui. Et elle vivait, comme jamais auparavant. Mais en partant, Calvin a emporté avec lui les espoirs que sa belle avait laissé au creux de ses bras. Il a emporté les étoiles qui illuminaient le regard de Sarah, et avec elles, toutes ses croyances et ses espérances.


      – Il faut que j'y aille, je vais être en retard, murmura Sarah en se levant de sa chaise.
      – Ah... Hum, d'accord, répondit Charlie, décontenancée.


      Puis sans un mot, Sarah attrapa son sac et sortit de chez elle en hâte, laissant la pluie toujours aussi violente s'abattre sur son visage. Et, sans même s'en rendre compte, de nouvelles larmes coulèrent le long de ses joues, embrassant les gouttes glacées qui tombaient avec ardeur de ce ciel meurtri.

      Fermant les yeux un instant, elle se mit en route vers l'hôpital, le regard vague. Ne faisant attention à rien ni personne, elle n'était plus qu'un fantôme, la pâle ombre de celle qu'elle était autrefois. Elle le savait, qu'elle n'était plus rien. Qu'elle avait été happée par sa propre souffrance, noyée par le vide que Calvin a laissé dans sa vie, dans son c½ur. Pourtant, elle survivait encore, se raccrochant à ce mince espoir sans consistance, avec cette même litanie constamment au bord des lèvres.


« Reviens-moi. »


      Mais il ne reviendrait pas, n'es ce pas ? Au plus profond d'elle-même, elle en était persuadée : Calvin ne reviendra pas, jamais. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'espérer. Parce que, sans cette rengaine, elle mourrait, pour de bon. Elle le savait, cette seule pensée expliquait encore sa survie. Survivre pour lui, pour cet être qui la détruit à petit feu. Triste ironie, au demeurant.

      Mais elle survit, malmenée et tourmentée, face à sa propre déchéance. Elle en crèvera surement, le c½ur broyé par cette vague de souvenirs douloureux et éphémères, par ces souvenirs inscrits, ancrés au plus profond de son âme, qui lui transpercent le c½ur à chaque nouveau battement.
Car elle n'est plus qu'une poupée. Un pantin désarticulé dans un corps ravagé, s'accrochant désespérément à ce semblant de bonheur incolore et terni par le temps qu'elle ne parvient plus à vivre vraiment loin de lui. La folle, elle est simplement trop faible, bien trop faible, pour un amour si absolu, si intense.


      Dehors, la pluie cessa momentanément de tomber, et le soleil transperça les nuages. Se réinventer une vie après la pluie, lui avait-il dit un jour.
S'oublier, se réinventer. Tracer un trait sur cette histoire, se libérer de ce sentiment d'oppression qui serre sa poitrine. Laisser la pluie éteindre le feu qui la consume de l'intérieur et emporter dans son sillage tous les maux qui assombrissent son âme.
Mais en était-elle seulement capable ? Etait-elle seulement capable de lui dire Adieu ? De lâcher prise, de vivre, sans lui ?

      Passant les portes de l'hôpital, elle inspira profondément, sentant le douloureux étau qui réduisait son c½ur en charpie se rétracter l'espace de quelques secondes. L'hôpital avait toujours eu le don d'apaiser Sarah. Infirmière de nuit, elle aimait arpenter les couloirs presque déserts, écouter le silence qui régnait dans ces lieux, occasionnellement brisé par quelques pas étouffés et calmes.

      En réalité, l'hôpital était le seul endroit où elle parvenait à s'arracher un tant soit peu à l'emprise absolu et infinie de Clavin. Elle aimait cet endroit à la beauté singulière, lui trouvant une sorte de grâce sans nom, une grâce silencieuse et indescriptible, de celles qui vous font penser pendant quelques instants qu'à défaut d'être belle, la vie pouvait être simple, parfois.

      Au loin, les sirènes de plusieurs ambulances se firent entendre et déjà sous ses yeux, les gens commencèrent à s'agiter. Se rabattant sur le côté, elle se colla contre le mur, laissant les médecins passer. Toujours tremblante et détrempée, elle ferma les yeux un instant, lâchant un soupire. Et c'est alors que, rouvrant les yeux, elle croisa son regard.

      Il était là, debout, de l'autre côté de ce hall quasiment désert, le visage figé dans une expression de pur torpeur. Le souffle coupé et le c½ur sur le point d'exploser, Sarah oublia jusqu'à son nom, piégé dans cet infime instant aux allures d'Eternité. Elle le dévora des yeux, calquant chaque trait de son visage si parfait dans la prunelle de ses yeux, comme s'ils été d'une importance vitale. Ce qui était vrai, en fin de compte : Ils l'étaient.

      Levant le bras, ses doigts toujours tremblants se tendirent d'eux même, comme une supplique silencieuse à celui qui l'avait abandonné. L'envie de hurler se fit plus intense, jusqu'à tordre ses tripes et lui glacer le sang. Lui hurler de revenir, lui hurler de serrer sa main jusqu'à blanchir ses phalanges et de ne jamais, plus jamais, la lâcher.

      Avec une infinie lenteur, Sarah se détacha du mur, le souffle court. Sentant ses jambes flageolantes se courber sous l'effort, elle tomba par terre, le regard toujours implacablement rivé sur l'homme en face d'elle.


      – Calvin, murmura-t-elle dans un souffle.


      Alors qu'il fit un pas vers elle, un brancard passa à toute vitesse au beau milieu du hall, puis deux, puis trois, cachant à son regard avide celui qui détenait les pleins pouvoirs sur son existence entière. Elle avait tord, la belle, jamais, elle ne pourrait vivre sans lui.

      Et lorsque le calme fut revenu, lorsque ces interminables secondes furent écoulées et que le dernier brancard disparut de sa vue, son regard ne rencontra qu'un mur blanc.

      Perdue, désemparée, elle se sentit chuter, inexorablement, entrainée vers le fond à une vitesse folle, étouffée par cette foutue peine. Car elle avait perdu son regard, il avait disparu. A nouveau. Comme pour la punir d'avoir penser ne serait-ce que durant quelques heures, il semblait être revenu. Revenu pour mieux disparaitre. L'abandonner, encore une fois.

      Et, accueillant les ténèbres à bras ouverts, Sarah sombra, bercée par le néant. »







Etre prévenue.                                                                                                                        
[ Après une [ longue ] absence, le retour est difficile, je dois dire, ici comme sur MaB.             
Calvin devrait être de définitivement de retour dans un ou deux chapitres.                                
Sarah de va pas continuer à se morfondre dans le vide éternellement, ne vous inquiétez pas..
]

Commentez, critiquez, vous êtes là pour ça.                                           
Louka .                                                                                                                                           

# Posté le vendredi 24 avril 2009 18:51

Modifié le mardi 26 mai 2009 09:51